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Tourisme Autrement

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TOURISME ET DROITS DE L'HOMME

De nombreux pays du Sud tentent de se développer en axant leur économie vers une activité touristique rentable à court terme, mais c’est bien souvent au détriment des populations locales et de leurs droits.
Tourisme autrement dresse un tableau alarmant des quelques problématiques liées à un développement non maîtrisé du tourisme.


L’exploitation des travailleurs 

Le secteur touristique est un terrain fertile pour les emplois précaires. On compte plusieurs millions d’enfants (moins de 14 ans) utilisés dans l’industrie touristique et les femmes sont régulièrement en première ligne pour les emplois sous qualifiés, sans protection sociale et sous rémunérés. Nombreux sont les très jeunes assistants en cuisine, jardiniers, employés de ménage, guides informels, pêcheurs, vendeurs à la sauvette et autres petits métiers.
L’association britannique Tourism Concern attire ainsi notre attention sur la situation des porteurs lors des trekkings. Ce type de séjour à la mode véhicule une image “nature”, positive au niveau du respect de l’environnement (camps itinérants, empreinte faible sur l’environnement traversé). Cependant au Népal, en Tanzanie ou encore au Pérou, ce sont de très lourdes charges que les porteurs doivent endurer toute la journée pour des salaires qui ne prennent pas en compte leurs difficiles conditions de travail.
Les cas d’exploitation des travailleurs touristiques ne sont pas cantonnés dans les pays en développement. Les nombreux emplois saisonniers en Occident ne sont pas exempt d’abus non plus. 
Le boom des croisières a certes créé de nombreux emplois offrant gîte et couvert, mais les salaires sont souvent trop faibles et le temps de travail très long (10 à 12 heures de travail par jour). 

Le tourisme sexuel 

Dans certains pays, le développement non maîtrisé du tourisme a accentué la paupérisation, un terrain propice au développement de la prostitution, y compris enfantine. Près de 3 millions d’enfants sont victimes d’exploitation sexuelle (en Thaïlande 1/3 des femmes qui se prostituent sont mineures).
L’exploitation sexuelle des enfants est pourtant un crime passible de sanctions et les coupables peuvent aussi encourir une peine dans leur pays de résidence (c’est le cas en Belgique).
L’association Ecpat (http://www.ecpat.be/) lutte contre toutes les formes d’exploitation sexuelles des enfants et a œuvré du Code de conduite pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle dans le tourisme et l’industrie des voyages. Ce Code est aujourd’hui une organisation indépendante et bénéficie de l’appui de l’Organisation mondiale du tourisme.
Les voyagistes et les agences touristiques signataires du Code de conduite s’engagent à informer leurs clients sur leurs politiques de protection des enfants, à former leur personnel, à signaler les cas d’abus et à mettre en vigueur des mesures pour protéger les enfants.

L’eau 

Selon le WWF, chaque vacancier utilise jusqu’à quatre fois plus d’eau qu’un citadin moyen. Sous les Tropiques, un touriste utilise en moyenne de 7 à 10 fois plus d’eau qu’un paysan pour nourrir sa famille et arroser son champ. Pour un touriste en hôtel de luxe avec terrain de golf, c’est 16 fois plus d’eau qui est consommée.
L’implantation d’activités touristiques peut représenter un véritable pillage des réserves aquatiques, détournées des populations locales au profit des touristes.  Des systèmes hydrauliques sont mis en place pour desservir les sites touristiques alors que les locaux doivent se contenter d’installations vétustes voire inexistantes. Dans certaines zones touristiques arides, les habitants sont rationnés pour permettre l’alimentation permanente des centres touristiques (douches, piscines, golfs, irrigation des jardins…).
Les eaux usées sont trop peu souvent traitées et polluent les sources d’eau des populations locales. Dans les Caraïbes, 90% des eaux usées des hôtels se déversent directement dans la mer sans traitement.

Populations locales en danger 

Le développement du tourisme peut être responsable de déplacements de communautés locales. Des villages entiers ont été rasés pour céder la place à des parcs naturels ou des sites touristiques, sans réelle condition de relogement pour les populations déplacées.
Le développement de l’écotourisme est incontestablement nécessaire, mais il ne doit pas se faire aux dépends de la population locale, qui avant de recevoir des touristes, doit pouvoir vivre convenablement.
L’association Survival International tire la sonnette d’alarme au nom des communautés indigènes menacées par les développements touristiques. Elle dénonce ainsi l’organisation de circuits touristiques qui visent à approcher les tribus Papous isolées. Il convient de s’interroger sur le bien fondé de ce type d’expédition aux accents coloniaux (exploration des terres vierges et inconnues à la rencontre de tribus primitives).
Ces populations sont déjà victimes des politiques d’acculturation du gouvernement indonésien et n’ont donc aucun besoin de voir défiler des touristes en mal de sensations fortes et d’expériences inédites. La folklorisation de leur culture ne représente qu’un péril de plus pour ces populations déjà très fragilisées.

 
Peut-on visiter les pays où les droits de l’homme sont bafoués ?


La question ne manque pas de se poser quand des destinations comme Cuba, la Birmanie, la Chine ou la Tunisie sont dénoncées. Les pours et les contres présentent de solides arguments. Pour Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix en 1991, le tourisme en Birmanie n’est  qu’une tentative de réhabilitation de l’image du pays et de ses dirigeants. De même, pour d’autres lieux : que voyons-nous des conditions de vie des Tunisiens en allant à Djerba ? Il est aisé d’oublier l’autorité du régime dans un club vacances. Pour d’autres il est essentiel de maintenir cette activité afin que les populations ne se retrouvent pas complètement isolées. De plus les touristes peuvent témoigner à leur retour. Le principal est sans doute d’être informé et pleinement conscient de la situation politique et sociale des pays dans lesquels nous nous rendons.